Jul 16, 2012

Oppugnare nocte


Canne


Voici la canne qui n'a pas de nom.


Je n'écris pas beaucoup dans ce blog, ni nulle part d'ailleurs, en ce moment. C'est que le temps file à une vitesse phénoménale, ou que je suis particulièrement doué pour perdre mon temps. Je me disais ça hier, que j'étais très fort pour glander sans rien faire. Ou alors lire, me promener dans les bois, me faire à manger, faire la vaisselle et nettoyer la cuisine, observer l'oie et les poules, chercher la canne partout dans la propriété (elle a une fâcheuse tendance à disparaître et je m'inquiète pour elle : un renard est si vite arrivé). Et triturer la présentation de ce blog. J'en conviens ça devient vraiment ridicule. Il faut dire que je ne suis jamais content de ce que j'en fait de ce blog. Ça aussi c'est ridicule. Bon j'arrête, promis juré, pendant quelques temps, au moins.


La météo. Ça aussi ça devient ridicule. Je connais des gens qui ne supportent pas qu'on parle du temps qu'il fait. Heureusement qu'ils ne lisent pas mon blog. J'ai beaucoup d'intérêt pour la météo. J'ai beaucoup d'intérêt pour à peu près tout d'ailleurs. Donc oui, aujourd'hui, miracle, il fait un temps superbe. Pas encore très chaud comme j'aime mais j'ai bon espoir que ça vienne. Il y a encore pas mal de nuages mais ce sont des cumulus de beau temps. 


Et nous avons de petits événements naturels, ici. Avant-hier soir j'étais le nez au Velux de la mezzanine, à observer les vols virevoltants des chauve-souris. Il y a beaucoup de chauve-souris dans les parages. Elles peuvent être assez grosses, disons de la taille d'un moineau, ou peut être légèrement plus petit. Je les regardais voler derrière la maison dans le début du crépuscule, elles ont un vol très rapide et changent constamment de direction. Observer leurs vols est fascinant d'autant que tout se passe dans le silence le plus total malgré l'utilisation intensive de leur système d'écho-location à des fréquences inaudibles pour l'oreille humaine. Ce n'est pas la moindre des étonnantes capacités de ce petit mammifère volant. Déjà que des mammifères à poils, gros comme des souris, avec des membranes entre des doigts démesurés qui leur servent à voler parfaitement silencieusement puissent faire des acrobaties aériennes c'est curieux. Mais qu'en plus ces animaux presque aveugles, soient équipés d'un sonar et d'une ouïe si fine et si précise que la combinaison des deux remplace la vue, c'est extraordinaire. Sachant que quand ils ne volent pas ils vivent accrochés par les orteils, la tête en bas, sur des plafonds de caves ou sur des poutres de vieux greniers, on aura un tableau assez complet de cet invraisemblable animal et pourtant extrêmement commun. 


Donc j'étais à la fenêtre, observant les chauve-souris, quand un rapace a fondu à la vitesse d'un missile, serres en avant, sur l'une des chauve-souris, l'a attrapé en vol et s'est éloigné avec sa victime dans ses serres. Il est allé se poser sur une branche de pin, toute proche, et a entrepris de déchiqueter sa proie sur le champ. Quel était ce rapace ? Difficile à dire, la lumière était assez faible. Il avait l'air plus petit qu'une buse (il y a beaucoup de buses dans le coin). Peut-être une jeune buse, quoique son expertise à attraper une chauve-souris révèle une certaine expérience de la chasse. Je pense plutôt à un busard Saint Martin, plus petit qu'une buse et ayant à peu près les mêmes couleurs de plumage.


Cette attaque qui s'est déroulé de façon inattendue et avec une rapidité incroyable, était, croyez-moi, assez impressionnante à voir. 

Crudelis sectis

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De grands pans de forêt sont abattus. On commence par le sous bois, puis les arbres de plus en plus grands et enfin le secteur est mis "à blanc", coupe claire. Des machines infernales à mâchoires et pinces d'acier abattent et débitent un grand arbre en moins de dix minutes. L'opérateur de la machine reste dans sa cabine avec air conditionné, il ne met presque jamais le nez dehors.  

Jul 15, 2012

Pulchra lilium

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Indifférents à la pluie, les nymphéas déploient leurs coroles sur l'eau calme de la mare.

Jul 13, 2012

Pluvia pergit

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Humiditas


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Il pleut sans discontinuer depuis que je me suis levé ce matin. Mon frère hier m'avait dit : "demain il est prévu de la pluie toute la journée", je n'avais pas voulu le croire.


L'oie dont le nom est Némoise (photo ci-dessus) ne paraît pas incommodée par la pluie, ce matin il me semble qu'elle est venue me faire une courte visite, peut-être simplement pour voir si j'étais là. C'est un animal social et elle est seule dans le poulailler.


Une grosse dépression associée à un front chaud passe en ce moment sur le Nord de la France, dans ces cas là c'est de la pluie, continue, régulière, ou dans le meilleur des cas du crachin. Comme il n'y a pas de vent les nuages s'attardent. Demain le front chaud s'évacuera par le Nord-Est et arrivera un front froid, ce qui signifie un temps à grains, des averses éparses, parfois assez drues, comme le montre la carte des précipitations prévues demain à quatorze heures (source Météociel) :


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Il est probable que le défilé du quatorze juillet à Paris soit sec. À partir de dimanche le temps devrait s'améliorer et la température remonter lentement au cours de la semaine.

Feriae

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J'ai écourté la journée pour prendre le train un peu plus tôt que d'habitude. J'ai encore cédé a ce déplorable défaut de procrastination en ne prenant mon billet de train qu'au tout dernier moment ce qui fait que je n'avais pas de place dans le train de 17h13 mais seulement dans celui de 16h36. Mais c'était aussi bien parce que c'est un train qui va directement à Tours sans obliger de changer à Saint Pierre des Corps et à prendre les horribles navettes toujours stationnées le plus loin possible du train dont on descend (ils ont un sens bien particulier du service client à St Pierre des Corps, mais c'est vrai que leur gare est bien trop petite pour le nombre de trains qu'ils reçoivent et mal fichue en plus). J'avais du coup trois quarts d'heure d'attente à Tours. J'ai été m'acheter une brioche fourrée au chocolat à la boutique où ils ne vendent que des brioches (mais quelles brioches !), devant la gare de Tours et j'ai pris un chocolat chaud au buffet de la gare. Un chocolat chaud au mois de juillet, c'est assez peu courant mais vu le temps qu'il fait, ça se justifie assez bien. Puis train pour Chinon, magnifique et confortable TER, descente en pleine campagne à Rivarennes où mon frère m'attendait pour m'emmener à L'Essart. 


Je suis arrivé donc à la campagne et au moment où j'écris je peux vous dire que le calme est réconfortant. La nuit est tombée, j'ai renfermé la basse-cour, nourri le chat, me suis nourri moi-même (gaspacho, salade, maïs, fromage de chèvre, brugnon, rien que du bon pour la santé et pour ma ligne).


Tous les étés quand je prends quelques jours de vacances ici j'ai envie de prendre ma retraite à la campagne, mais dès que l'automne arrive j'oublie tout pour ne plus penser qu'à m'installer en ville. La campagne me séduit en été, mais en été seulement. J'ai la faiblesse de penser que, finalement, je m'habituerai à l'automne et à l'hiver, au mauvais temps et aux arbres sans feuille mais c'est une illusion, le fait est que la campagne me déprime quand il n'y a plus de feuilles aux arbres et quand la lumière ne l'éclaire plus que quelques heures par jour, quand les champs sont labourés et marrons, quand il y a de l'eau et de la boue partout. Je me souviens d'avoir lu Edward Abbey qui racontait qu'il passait six mois d'hiver à New York et les autres six mois dans sa cabane de rangers dans les parcs du Sud-Ouest américain (en particulier le Parc National des Arches en Utah) et que ce mode de vie lui convenait parfaitement. Voilà ce qu'il faut que je fasse.

Jul 12, 2012

Revertere qui reversus

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Mon neveu AFR a vraiment l'art de d'écrire des choses que je suis tout prêt à contester. Ainsi dans son dernier billet de blog il déclare : "de retour, me restent en tête l’attendrissante beauté des enfants mâles de la lignée (réunion de famille annuelle)". Pour moi ce ne sont pas les enfants mâles de la lignée qui sont particulièrement beaux, certains sont mignons, d'autres un peu moins, mais les filles, elles, sont toutes uniformément d'une charmante beauté enfantine.


De même AFR, un peu avant, affirme : "c’est bien une idée de citadin que de croire que les nuits à la campagne sont paisibles — aboiements incessants, hululements, pépiements, craquement végétaux divers…" Je conteste vivement cette généralisation abusive. Là, où je vais à la campagne, je peux vous dire que la nuit c'est le silence total, épais, on pourrait entendre les étoiles glisser dans le ciel. De plus quand il y a des bruits ce sont des sons naturels, non-humains, non produits par l'homme et ils ne font que rehausser la qualité du silence campagnard. mais cette réflexion vient peut-être du fait qu'AFR ne va pas vraiment à la campagne mais dans une zone habitée assez dense, certes entourée de champs, mais à la limite d'une zone pavillonnaire banlieusarde.


C'est la campagne tourangelle que je m'en vais rejoindre maintenant pour une semaine de repos bucolique. See you there…!

Joël

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Joël est né en l'an 2000. Il va avoir douze ans. Il entre en sixième à la rentrée.


En le voyant grandir je me vois vieillir.


Son univers n'est déjà plus le mien. Quel monde va-t-il trouver lorsqu'il atteindra l'âge adulte ? 

Jul 11, 2012

Tres pinus

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Ces trois pins ont mon âge. Ils ont été planté lorsque j'étais enfant. C'étaient les sapins de Noël de mon enfance.


Ils ont poussé au fond du jardin de L'Essart. Comme ils avaient été plantés trop près les uns des autres (sans doute ne pensaient-on pas qu'ils atteindraient ces dimensions, c'est à dire qu'ils vivent si longtemps) l'un des trois a poussé de biais. Il s'est penché pour échapper à l'ombre des deux autres.


Ils se balancent dans le vent. Et l'on peut entendre le souffle du vent dans leurs branches. C'est un bruit que j'aime.


Le soir les rayons du soleil couchant illuminent leurs troncs.


J'aime les contempler, ne rien faire d'autre que les contempler. Et écouter le vent dans leurs branches.

Jul 10, 2012

Jul 9, 2012

Jul 4, 2012

Retour au travail

Premier jour de travail dans mes nouveaux locaux, à quinze minutes à pieds de chez moi. Je suis enchanté, malgré l'absence d'ameublement, en particulier d'armoires (mais elles vont arriver)!
En plus, ce qui change des précédents locaux c'est que je reçois le 3G fort et clair sur mon téléphone, donc je peux twitter toute la journée. Maigre satisfaction direz-vous, mais moi j'en suis content.
Pour aller et revenir de mon bureau à chez moi, je prends la rue Stephenson, qui longe le quartier de la Goutte d'Or. J'ai déjà remarqué les curiosités suivantes dans cette rue Stephenson :

  • Un hammam oriental au décor extérieur assez pittoresque.

  • Une boutique où l'on ne vend que de la menthe fraîche. Ça sent la menthe à vingt mètres car la boutique est largement ouverte sur la rue et il y a des quantités impressionnantes  de cageots de menthe.

  • Une agence de voyages vendant uniquement des pèlerinages à La Mecque.

  • Une boutique qui vend des robinets, toutes sortes de robinets, mais apparemment que des robinets.

  • Une clinique qui distribue des seringues et des produits de substitution pour drogués.

Jul 2, 2012

RIP Nora Ephron

Nora Ephron est morte avant-hier. J'avais aimé Julie et Julia que j'avais vu dans un avion d'Air France entre Houston et Paris et bien sûr j'ai adoré Quand Harry rencontre Sally. Ces deux films se déroulent à New York et la ville, d'où était originaire Nora Ephron, est en toile de fond. Je crois bien même que j'ai revu plusieurs fois Quand Harry rencontre Sally pour les vues et l'ambiance de Manhattan, plus que pour l'histoire ou les acteurs (bien qu'ayant une tendresse particulière pour Meg Ryan et pour Billy Cristal). Je ne suis pas (ou plutôt je ne suis plus) cinéphile et je n'ai pas vu d'autres films de Nora Ephron ou sur un scénario de Nora Ephron. Elle tenait un blog dans le Huffington Post et sur les blogs elle disait ceci, dans un entretien à The Bielever (traduit par la blogueuse cinéma du Monde Isabelle Regnier) :



"The Believer : Vous avez affirmé qu'en avançant dans votre carrière, vous vous êtes laissé gagner par la peur de vous répéter, de reproduire les mêmes situations de fiction. A quel type d'exercice vous livrez-vous pour garder votre esprit alerte et fertile?


Nora Ephron : Le premier exercice consiste à écrire. C'est une des raisons qui m'a conduite à bloguer - c'était comme un nouveau muscle à travailler. Je veux dire, je ne suis même pas sure que cela le soit encore, parce que les choses évoluent très vite dans la culture du Net, mais il y a six ans c'était une forme nouvelle. Ce n'était pas un essai, mais c'était un genre d'essai. Il fallait que les textes soient courts à cause de l'attention limitée que les lecteurs consacrent au texte sur Internet. La fonction du blog est différente de celle d'autres formes d'écriture, ce n'est pas un texte que les gens lisent, c'est un texte qui a vocation à initier une conversation entre les lecteurs. C'est devenu une des raisons pour lesquelles les gens lisent les textes. Ca devenait, pour eux, un moyen de s'exprimer. Et une fois que vous comprenez cela, votre premier réflexe est de ne pas lire les commentaires - parce qu'à un moment ou à un autre ils vont devenir méchants envers vous.


BLVR : C'est vrai. Et ils invoquent toujours Hitler à un moment ou à un autre, selon la loi Godwin des analogies nazies.


NE : Ouais! Ou alors ils ne comprennent pas du tout la blague. C'est une donnée.


BLVR : Internet est une autoroute de l'outrage moral grammaticalement incorrect.


NE : Je pense qu'on n'a pas qu'on ait besoin de croire dans ce qu'on écrit sur un blog pour plus longtemps que le temps pendant lequel on l'écrit. On n'y met pas la même solennité que dans un véritable essai. Vous ne vous dites pas "est ce que c'est vraiment ce que je veux dire". Vous vous dites "est ce que c'est ce que j'ai envie de dire à ce moment précis".


Jul 1, 2012

Explosant, toujours en expansion


Aucune ville ne répond mieux à l’expression « sortie de terre » que New York (ou faudrait-il plutôt dire « jaillie ») : et non pas exactement debout, statique, mais explosant, toujours en expansion non pas en surface mais en hauteur comme on peut voir sur certaines photographies prises d’avion (ou d’hélicoptère) avec un objectif grand angle (fish-eye), quand, bien sûr pendant une fraction de seconde, elle semble restée immobile alors qu’en fait elle n’a cessé de croître, de s’élever, ce genre d’objectifs exagérant la perspective, de sorte que ses multiples gratte-ciel apparaissent non pas verticaux, parallèles, mais obéissant à une force divergente, faisant penser à ces gerbes de cristaux allant s’écartant, se bousculant, poussant vers le ciel ses tours de toutes hauteurs, les moins élevées non pas résignées à leur sort mais ayant simplement pris leur essor avec un peu de retard et se dépêchant pour rattraper les autres, l’ensemble comme planté sur la rotondité de la terre à partir d’une étroite base comme une sorte d’explosion solidifiée, de phénomène naturel, anarchique, tumultueux et géométrique.



Claude Simon, Le Jardin des Plantes.

L'affaire de la canne fugueuse

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Ceci n'est évidemment pas la canne dont il est question mais un vautour fauve que j'ai pris en photo mercredi dernier au Parc Zoologique de Doué-La-Fontaine.


Enfer et damnation ! Ce soir lorsque je suis allé faire rentrer les poules dans leur cabane, plus trace de la petite canne colvert apprivoisée ! J'avais bien mes trois poules, mon coq et mon oie mais la canne avait disparu. La dernière fois que je l'avais vu c'était vers six heures, elle partait le long de la remise vers le fond du jardin. C'est par ce coté que j'ai commencé à la chercher mais impossible de la retrouver dans ce secteur. J'ai alors fait plusieurs fois le tour de la mare pour vérifier qu'elle n'était pas cachée quelque part dans son coin de prédilection. Elle aime bien se cacher au crépuscule et avec le camouflage naturel de ses plumes elle est très difficile à repérer si elle ne bouge pas. Et en général il faut quasiment lui marcher dessus pour la voir ou pour qu'elle se manifeste. C'est qu'elle a toujours gardé quelques instincts d'animal sauvage qui se tapis au crépuscule pour tenter de passer la nuit en sûreté. Je l'ai cherché partout pendant une heure et demie, avec une petite lampe de poche et bouffé par les moustiques. J'ai appelé la famille à Tulle pour demander ce qu'il convenait de faire et, comme toujours dans ces cas là, ils m'ont recommandé de regarder là où j'étais déjà passé plusieurs fois. Un peu comme lorsqu'on appelle, en désespoir de cause, l'aide par téléphone pour son ordinateur en panne et que le technicien vous demande de vérifier si votre appareil est bien branché sur l'électricité... J'allais abandonner les recherches lorsque j'a aperçu la silhouette de la canne au bout du chemin où je l'avais vu s'engager vers six heures. J'étais passé par là plusieurs fois. Je ne sais pas où cette bestiole s'était cachée. La nuit venant elle était sortie de sa cachette et elle attendait sereinement derrière la clôture que je veuille bien la faire rentrer.


Journée calme, à part les événements vespéraux décrits ci-dessus. Je suis allé en vélo déjeuner chez mon frère et j'ai lu, écrit et rêvassé en regardant les nuages et en écoutant le vent dans les pins. Plus quelques tâches ménagères. Le temps passe vite.